Mariage homosexuel : l’injustice faite aux enfants

Publié le par actionfrancaise

L’ouverture du mariage civil aux personnes de même sexe est-elle juste ? Voilà la question que chaque citoyen doit se poser au moment où le gouvernement s’apprête à soumettre au Parlement un projet de loi. Certains s’appuyant sur des sondages considèrent que les Français approuvent massivement cette réforme sociétale.

 


Il nous semble plutôt que ceux-ci sont pour car ils ne sont pas contre, et ils ne sont pas contre car ils ne s’intéressent pas à cette question. Effectivement, ne concerne-telle pas exclusivement les homosexuels, c’est-à-dire un infime pourcentage de la population ? Dès lors, si je ne suis pas homosexuel, je ne me sens pas concerné par cette affaire et je ne vois pas pourquoi je perdrais mon temps à en analyser les tenants et les aboutissants. Si, de plus, cette revendication m’est présentée au titre de l’égalité des droits, j’ai immédiatement un préjugé favorable. Les opposants à cette revendication m’apparaissent alors comme des individus obnubilés par la défense du “mariage traditionnel” qui, c’est bien connu, est déjà passablement en crise. Bref, les critiques s’écrasent sur le mur de l’indifférence. Comment traverser ce mur ? Comment illuminer ce paresseux aveuglement ?

Si un problème bien posé est déjà à moitié résolu, il convient d’examiner la manière dont la revendication homosexuelle est exprimée. Qui peut, en effet, oser s’opposer au “mariage pour tous” ou à “l’égalité des droits” ? Personne… tant que ces expressions ne sont pas replacées dans la réalité des relations humaines, celles-là mêmes que le code civil organise. Le mariage civil est source de droits et de devoirs, non seulement entre les mariés mais aussi envers leurs possibles futurs enfants. La réduction actuelle du mariage à la simple reconnaissance sociale d’un sentiment amoureux ou d’un intérêt privé se contredit elle-même. Pourquoi deux ou trois amis ne seraient-ils pas alors eux aussi fondés à demander une reconnaissance sociale de leur amitié en tant que telle ? Si le mariage civil n’était pas le cadre juridique d’une communauté de vie source d’enfants, il n’existerait tout simplement pas ! Si malgré tout, certains réclament l’ouverture du mariage aux personnes de même sexe, c’est que la filiation ne leur apparaît plus nécessairement fondée sur la procréation.

De fait, à l’heure du constructivisme juridique et technique, l’enfant est moins vu comme un don à recevoir que comme un produit adéquat à un projet. La volonté, voilà la source principale de l’enfant ! Dès lors, au nom de quoi interdire le droit à la filiation à deux personnes de même sexe ayant la volonté commune de concevoir un enfant ? Puisque la législation actuelle autorise déjà un homme et une femme à “produire” un enfant par la médiation de la technique médicale et même un célibataire à adopter, le maintien d’un tel interdit ne peut apparaître que comme de l’arbitraire pur. Quoique l’on s’en défende souvent, notre société a implicitement intégré le “droit à l’enfant”.

Néanmoins, la volonté commune des “futurs parents” peut-elle être l’unique condition requise pour que l’État aménage un cadre juridique à l’accueil d’une nouvelle vie humaine ? Si tel était le cas, et la monogamie et l’interdit de l’inceste devraient aussi être abrogés. Le mariage civil serait à géométrie variable et seul le consentement des contractants serait requis par la loi. Quand certains évoquent cette conséquence logique de la revendication actuelle, d’autres poussent des cris d’orfraie. Et pourtant, ce sont parfois les mêmes qui, lors des débats sur le pacs, accusaient de malhonnêteté intellectuelle ceux qui osaient affirmer que ce nouveau contrat portait inéluctablement à l’ouverture du mariage et de la filiation aux personnes de même sexe ! Jacques Derrida, soutien de la cause homosexuelle plus conséquent que nos nouveaux pudibonds, demandait dans le Monde du 12 octobre 2004 la suppression du mariage civil et son remplacement par une “union civile” à n partenaires. Quant à Didier Eribon, militant historique de la cause, encore en première ligne aujourd’hui, il s’extasiait déjà en 2002 sur un roman d’Alibert, le Fils de Loth, dont la fine pointe est la relation incestueuse entre un père et son fils.

Si le code civil n’est que la caisse d’enregistrement de la volonté individuelle et celle-ci la simple traduction d’un désir, alors le droit de tout enfant à avoir un père et une mère est d’emblée disqualifié. En effet, dans cette affaire, l’enfant, lui, ne peut rien revendiquer puisqu’il n’existe pas encore ! C’est pour cela que la noblesse d’un État dit de droit est de protéger les plus faibles de ses membres en leur offrant un cadre dans lequel ils ont a priori le plus de chance de recevoir les biens dont ils ont besoin pour se développer. Notre société a poussé à un haut degré de conscience le souci de la santé physique. En choisissant de mentir à certains enfants en leur déclarant que ces deux hommes ou ces deux femmes sont bien leurs parents, elle ferait fi de leur santé psychique et bafouerait leur droit le plus fondamental.

 

Thibaud Collin

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